Près d’un entrepreneur wallon sur 2 face à un défi de vision stratégique. Pour relever ce défi, une complémentarité apparaît entre les modes de gouvernance formels (CA, Codir) et informels (conseils d’avis, réseaux d’entrepreneurs).
Next 5, en collaboration avec le bureau d’étude LISTEN, CBC Banque & Assurance et le réseau EntreChefs PME, dévoilent les résultats de leur premier Baromètre sur la gouvernance des PME en Wallonie. L’enquête met en évidence les pratiques et les modes de gestion qui façonnent la gouvernance des entreprises wallonnes.
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- 89% des PME wallonnes sont accompagnées dans leur stratégie à long terme.
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- 62% des PME wallonnes disposent d’une structure de gouvernance formelle : comité de direction, conseil d’administration.
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- Ces structures sont très majoritairement composées d’hommes.
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- Le recrutement des bons profils est identifié comme le principal enjeu par 74% des dirigeants wallons.
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- Près d’une PME wallonne sur deux considère que le développement de la vision stratégique constitue un défi majeur.
Dans un contexte de pressions budgétaires, fiscales et réglementaires, d’exigences croissantes en matière d’ESG ou encore d’accélération de la transformation numérique, les défis des PME wallonnes paraissent particulièrement nombreux. Le Baromètre ‘Gouvernance des entreprises’* s’intéresse à la façon dont les décideurs wallons s’organisent et font face aux enjeux à moyen et long terme. Ainsi, le Baromètre indique que 89% des PME wallonnes sont accompagnées dans leur stratégie à long terme, majoritairement par des structures formelles :
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- 46% d’entre-elles disposent d’un comité de direction,
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- 40% d’un conseil d’administration
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- alors que 32% font appel à un réseau d’entrepreneurs et 18% à leur famille.
Les entreprises non accompagnées (11%) sont majoritairement des micro-entreprises ou des sociétés de moins de 5 ans.
Plus de 6 décideurs wallons sur 10 sont par ailleurs co-décisionnaires contre 34% de décisionnaires exclusifs, ces derniers étant plus nombreux au sein des PME disposant d’une gouvernance informelle ou d’une structure d’accompagnement externe (réseau d’entrepreneurs, advisory board,…) ainsi qu’au sein des micro-entreprises. Globalement, près de 6 décideurs wallons sur 10 (59%) se sentent épaulés dans leurs prises de décisions. À l’inverse, 22 % indiquent être seuls dans leur processus décisionnel, un sentiment accru (4 sur 10) auprès des décisionnaires exclusifs.
« Il est crucial que la gouvernance figure clairement à l’agenda des dirigeants wallons. Les PME font face à de nombreux défis, mais adopter le réflexe d’interroger régulièrement leurs processus de décision, leurs modèles de pilotage ainsi que leurs modes de communication internes constitue un levier essentiel pour renforcer leur résilience et leur performance » détaille Nicolas Charlier, Directeur général du marché Entreprises chez CBC Banque.
Des enjeux d’ordre organisationnel
Les principaux enjeux des PME wallonnes sont davantage organisationnels que liés au développement de leurs activités. Ainsi, le recrutement des bons profils est la préoccupation majeure des cinq prochaines années pour 74% des décideurs wallons. Cette problématique inquiète d’ailleurs toutes les entreprises, indépendamment de leur taille. Pour autant, les décideurs des sociétés de taille moyenne font proportionnellement face à des enjeux principaux plus importants : le recrutement de bons profils (86%), la transformation numérique (61% contre 46% pour la moyenne des dirigeants) ou encore la reprise ou la transmission (44% contre 37% pour la moyenne des répondants).
Face à ces enjeux, le développement de la vision stratégique constitue le défi majeur pour 47% des dirigeants wallons. Viennent ensuite la digitalisation des processus internes (36%), le renforcement des compétences des managers (36%) et la préparation de la transmission ou de la reprise de l’entreprise (29%). Les micro-entreprises ont significativement moins de défis liés à l’organisation et aux processus internes ainsi qu’aux ressources humaines.
Les entrepreneurs en quête de vision externe
Le Baromètre met également en lumière une inégalité de genre majeure au niveau de la composition des structures de gouvernance formelle. Plus de 40% des conseils d’administration sont, en effet, composés uniquement d’hommes et 2% exclusivement de femmes. Le constat est similaire au niveau des comités de direction : seul un sur 5 est constitué de manière paritaire et aucun n’est composé uniquement de femmes.
Au niveau de la satisfaction globale liée au fonctionnement des organes de décisions, les comités de direction obtiennent un score moyen de 7/10 et les conseils d’administration de 6,5/10. Les opportunités d’améliorations constatées au niveau des Conseils d’administration (CA) et des Comités de direction (CoDir) concernent essentiellement la vision stratégique et la structure (processus internes et compétences) de l’entreprise. 36% des dirigeants wallons identifient des profils manquants dans leur CoDir, principalement pour faire face à de nouveaux défis.
De plus, l’apport d’une vision externe rencontre un certain intérêt auprès des entrepreneurs. C’est ainsi que 32% des dirigeants n’ayant pas recours à un conseil d’avis (ou advisory board) en ont déjà envisagé l’utilisation et 50% pensent qu’un tel organe pourrait renforcer leur gouvernance. Pour ces derniers, la principale plus-value réside dans l’apport d’un regard extérieur, même si les attentes des entrepreneurs varient fortement selon la maturité, la taille ou le mode de décision de leur entreprise. Trois profils ressortent comme ayant la préférence des entrepreneurs pour constituer un conseil d’avis : expert en stratégie, dirigeant ayant vécu une situation comparable et entrepreneur du même secteur.
Néanmoins, les décideurs wallons pointent plusieurs freins à la mise en place d’un conseil d’avis (ou advisory board). Certains redoutent une multiplication des organes de gouvernance ainsi que le coût et la valeur ajoutée réelle d’un tel dispositif.
« Malgré ces obstacles, l’ouverture reste réelle : près de sept décideurs wallons sur dix envisageraient de rejoindre le conseil d’avis d’une autre PME. Et plus largement, 82 % se disent prêts à s’impliquer dans un organe de gestion », pointe Jerome Drugeon, co-fondateur de Next5. « La Gouvernance formelle reste de loin la forme de gouvernance la plus répandue. Cependant, la gouvernance informelle se structure avec les réseaux d’entrepreneurs ou les conseils d’avis. Ces formes de gouvernance sont assurément un plus pour les entreprises en quête de vision externe et de partage d’expériences. »
Une dynamique qui témoigne d’un engagement fort et d’une volonté collective de soutenir et faire grandir l’entrepreneuriat wallon.
Téléchargez le résumé de notre baromètre ici.
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